Les morts ont le dos large

Publié le par Jacques Charlier

On nous saoule avec ce qui se passe ailleurs.

  Que ce soit dans les alcôves de secret story, où des demeurés musclés et leurs femelles étalent leur rien à dire , rien à foutre, vautrés dans du monstrueux design carcéral. Dans des tanks russes où on nous balade dans la campagne à longueur d'info. Auprès des pauvres ploucs français descendus par les Talibans.  De l'assassin de Jo,  qui a eu peur et n'a fait que de se défendre, ou des 143 morts de Madrid et de leurs familles.

 C'est bien beau de savoir çà en temps réel,  mais çà nous mène à quoi , ici et maintenant? 

 En 2007, les routes belges ont tué 1067 personnes . En Allemagne 4.949 pour la même année. En France: 4620 . En Algérie : 3.800 ( beaucoup plus que les attentats). En Russie en 8 mois : 20.000 tués. 

Arrêtons ici la liste des carnages dont on parle d'un ton badin sur nos radios -points- routes.

 Elle est où cette  guerre dont on ne parle pas? 

 Pour tenter d' arrêter le carnage , la dernière  affiche de la prévention routière a eu le malheur d'être distribuée sur les autoroutes germanophones en néerlandais.

Seul contrendu médiatique: les problèmes linguistiques soulevés, Caramba!

Pas un mot sur la nullité de ce concept ridicule et son slogan idiot, alambiqué, incompréhensible pour le lambda moyen.

 On se permet de laisser sévir un scandaleux numerus clausus pour nos aspirants toubibs, alors que nous sommes en pleine guerre.

 Une guerre menée par une  volée de sans permis , de sans assurances, de bolides conduits par des biturés express, de kamikazes qui prennent des contresens après cinq Red Bull -vodka, une ligne et un bon gros joint. De  millions de camionneurs surmenés, de navetteurs dépressifs, pieds au plancher et nous... 
 Nous qui ne valons pas mieux, quand on vient d'engueuler nos  femmes et qu'on est en retard.
Dans le fond, cette guerre que l'on mène , dont nous sommes tous les ploucs, on la mérite. 

A part les victimes, personne ne veut la voir. Parce que c'est la réalité de notre guerre, de notre violence et de nos morts.
La nôtre de réalité, pas celle d'ailleurs.

Celle qui ne fera jamais la Une.                                                      

Publié dans belgium4ever

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