Lidé : Der Untergang
Quand Rudy Aernoudt a annoncé qu'il allait créer un parti politique, j'étais très content. Non seulement parce qu'il était néerlandophone à la base et qu'il permettait ainsi une meilleur communication entre nos deux parties de pays, mais aussi car la création d'un nouveau parti est toujours intéressante dans cette Wallonie où rien ne bouge jamais.
Rudy avait tout pour réussir: une gueule sympa, un accent bien de chez nous, des amis au MR et au LDD et surtout une couverture médiatique dont le B.U.B. ne peut que rêver. Pourtant, malgré tout, Lidé n'est (presque) plus. Que s'est-il passé ? Pourquoi Aernoudt a démissionné de sa propre création qui, soyons réaliste, n'a plus de raison d'être sans lui. Je lis dans les journaux que cette démission est dû à une infiltration de l'extrême-droite dans ses rangs ... était-ce à ce point imprévisible quand on défend un programme pareil ? L'ultra-droite et proche de l'extrême droite du point de vue économique, ce n'est pas nouveau. Ce n'est pas un hasard si la Liste De Decker pique les voix du Vlaams Belang. Monsieur Aernoudt, étiez-vous à ce point étonné d'en arriver là, et est-ce vraiment insurmontable ? Et cette alliance avortée avec le MR n'était-elle pas un moyen d'échapper à cette réalité que vous avez sûrement découverte il y a longtemps ?
Quoi qu'il en soit, et malheureusement, Lidé n'est plus, j'en suis persuadé. Peut-être que le "reste" va tout de même s'inscrire aux élections, mais sans la tête-de-pont qu'était son créateur : finit le JT d'RTL-TVI, finit les amis au MR, finit les amis en Flandre, terminé la belle vie. Lidé va sombrer dans la nébuleuse des partis d'extrême droite (qu'il le soit ou non, c'est la presse qui a déjà décidé). J'espère tout de même que Rudy ne restera pas sur le carreau et qu'il trouvera un moyen de revenir, en recréant une liste où il ne ferait plus les mêmes erreurs.
Quelques leçons à retenir me semble-t-il.
1) Un parti populiste n'existe qu'à travers son créateur, ce n'est pas forcément un mal, ça peut faire avancer les choses plus vite mais, une fois que celui-ci disparaît, le parti disparaît. Il y a de nombreux exemples partout en Europe. Gageons que Lidé trouvera un remplaçant ce qui m'étonnerait.
2) L'extrême-droite, si tant est qu'elle ait vraiment infiltré Lidé, est plus puissante qu'on ne l'aurait pensé. La puissance politique n'est en effet pas qu'une question de sièges mais aussi une question d'influence, de pression.
3) Les derniers sondages donnent le PS premier, le MR second, et Ecolo et cdH ensuite. En gros ... rien ne bouge.