Visite d'une synagogue libérale
Je reviens d'une Bar-Mitsvah qui s'est déroulée à Beth Hillel (Bruxelles), c'est la première fois que je me rendais dans une synagogue libérale, et j'ai franchement été secoué.
Pour comprendre mon étonnement, il faut savoir que dans les synagogues classiques, les hommes sont séparés des femmes, ils sont les seuls à pouvoir lire la Torah (Ancien Testament), la porter et dire les bénédictions. De plus, l'Hébreux est la seule langue de lecture, seul un petit discours en français permet à ceux, nombreux, qui ne connaissent pas la langue de s'y retrouver un peu. Dans certaines synagogues, dont celle de Liège où "j'avais mes habitudes" les femmes sont au second étage (plus proche de D-ieu) et les hommes restent en bas. Bref, les traditions sont aussi importantes que la chose religieuse elle-même.
A Beth Hillel, tout est très différent, d'abord le Rabbin est ... une rabbin (ou Rabbine). C'est déjà un premier choc, même si je l'avais déjà vue quelques fois sur les plateaux de télévision. Radieuse, motivée, jeune et professionnelle, les plus conservateurs d'entre-nous oublient très vite cette particularité. Deuxième différence, les hommes et les femmes sont ensemble, un seul étage... mixte. Troisième différence, les textes sacrés sont tantôt lu en Hébreux, tantôt en Français. Croyez-le ou pas, malgré mon ouverture et le fait que j'appréciait ce que je voyais... j'ai été particulièrement soufflé de voir ça, moi qui suis habitué au respect stricte de la tradition (dans une synangogue en tout cas). Cependant, malgré ces différences, les rituels restent très similaires par rapport aux rituels classiques. Pour ceux qui ne le savent pas, la Bar-Mitsvah est un des passages les plus importants dans la vie d'un Juif. A 13 ans, il lira devant la communauté un passage de l'Ancient Testament. Plusieurs membres de sa famille l'y aideront et un kiddouch (une sorte de banquet) sera organisé en son honneur et, parfois, une grande soirée dansante.
Petite parenthèse pour finir, et parce que j'en ai été agréablement surpris, une prière adressée au Royaume de Belgique a été donnée. La voici:
D-ieu Eternel, maître du monde, ta providence embrasse les cieux et la terre (...). Bénis et protège le Royaume de Belgique et le peuple belge. Que les rayons de ta lumière éclairent ceux qui président aux destinées de l'Etat et font régner dans notre pays l'ordre et la justice. Amen. Que la Belgique vive heureuse et prospère, qu'elle soit forte et grande par l'union et la concorde, qu'elle jouisse d'une paix durable et conserve son esprit de noblesse parmi les nations. Amen.
Une dernière prière très émouvante a aussi été adressée à Israël, on peut y lire (...) Que la fraternité et la concorde règnent parmi tous ses habitants. Établis, ô D-ieu de paix, la paix définitive entre Israël et les Etats voisins. Amen. (...)
Au finish, mes sentiments sont partagés. D'un côté, je déplore l'abandon de nombreux symboles, l'architecture ultra-minimaliste du lieu en témoigne d'ailleurs. Ne pas voir de véritable chandeliers anciens, d'éclairage et d'architecture orientalo-spirituelle me manque un peu. De l'autre, j'apprécie particulièrement la lecture de différent passage en Français, rendant enfin compréhensible des textes qui me paraissaient lointains et permettant ainsi à tout le monde de participer et de chanter. j'apprécie aussi l'égalité des sexes qui régnait dans cette enceinte... je pense que j'y retournerai un de ces jours.