Remplacer les "cours philosophiques" par du sport
Comme promis, je n'ai pas couvert les J.O. et ce n'est pas aujourd'hui que je commencerais. L'après J.O. est, par contre, assez intéressant. Devant les médiocres résultats de notre pays, les "solutions" affluent de partout. Papa veut décentraliser le sport dans trois grandes villes francophones, Bert veut refinancer, Leterme veut une aide fédérale (comme quoi, y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis) et Marc Tarabella veut remplacer les cours philosophiques par du sport.
"Remplacer les cours philosophiques par du sport", quand j'ai lu ça, j'ai cru que j'allais tomber là. Les cours philosophiques donc, ce sont les cours de religion et de "moral". J'ai eu la chance d'en visiter plusieurs. En primaire, j'ai eu mes premiers cours de religion israélite, quand ma professeur était malade (elle était assez âgée) j'allais au cours de religion catholique et, pour des raisons qui n'ont pas beaucoup d'intérêt pour vous, j'ai aussi été à des cours de moral en 5ème secondaire. Chaque cours avait sa particularité : en religion israélite je renouais avec mes traditions et mon histoire, en cours de religion catholique j'apprenais celles des autres et en moral ... pas grand chose je l'avoue, tant ce cours était pauvre, j'espère que ce n'est pas le cas partout.
Ainsi, Monsieur Tarabella veut supprimer ces cours sous le prétexte que la religion doit rester dans le cadre privé. La religion (ou l'athéisme) doit rester dans le domaine privé, nous sommes absolument d'accord là-dessus. Elle n'a rien à faire dans le domaine public et dans les structures de l'Etat , nous sommes d'accord. Cependant, le problème me parait différent en ce qui concerne les cours philosophiques enseignés dans les écoles publiques. En effet, mes professeurs de religion étaient ouverts, bien intégrés et tolérants, mais j'aurais pu tout aussi bien m'être trouvé face à des rabbins, curés ou imams qui ne le sont pas. On voit souvent des cas, dans la presse, d'extrémistes et de fanatiques -et ce dans toutes les religions- qui prêchent un retour à des dogmes moyenâgeux, et pas seulement au Moyen-Orient ou aux USA mais en Belgique. L'avantage d'une éducation religieuse encadrée par l'Etat est justement qu'elle permet d'éviter de tomber sur n'importe qui.
L'éducation philosophique hors de l'école impliquerait de nombreux dangers. Dans certains cas ce sont les parents qui pourraient éduquer leurs enfants. Des parents parfois très religieux et intolérants, voir racistes, pourraient transmettre les plus mauvaises valeurs à leurs enfants (antisémitisme, misogynie, etc ...). Si ce n'est pas les parents, cela peut-être des curés, des rabbins ou des imams et dans ce cas, c'est un peu la Roulette Russe. On peut très bien tomber sur un curé ouvert, de son temps, qui apprend à ses élèves à respecter leur religion ainsi que celles des autres et qui identifie bien la séparation entre le clergé et l'Etat, comme on peut tomber sur un curé fanatique, qui leur apprend que les non-chrétiens vont en enfer et que le préservatif est une invention du diable. Un imam peut être parfaitement intégré, très tolérant et pacifique comme il peut être fanatisé, théocentriste et xénophobe.
La religion doit rester du domaine privé, mais pour se faire, les citoyens doivent être éduqué dans ce sens. On doit le lui dire dès son plus jeune âge et ce n'est qu'ainsi que sera préservée cette séparation qui doit être clair dans l'esprit des jeunes.