Israël, l'autre combat.

Publié le par Daive

Que ceux qui pensent que Flamands et Wallons vivent dans deux pays différents se rendent en Israël et visitent Tel Aviv et Jeruslem (50 km de distance). Tel Aviv est une ville ouverte, plutôt riche, jeune, libérale où vivent des juifs souvent tolérants, souvent laïc, parfois athées. La communauté homosexuelle jouit des mêmes droits que dans notre pays et rares y sont les problèmes avec les musulmans. Quand on se ballade à la plage, inévitable dans cette ville, de jolies filles en bikini et des hommes musclés qui les draguent nous font penser à nos plages, ou à des plages américaines vues dans des sitcoms.

Jerusalem, c'est l'inverse. Une ville très fermée, plutôt pauvre, parfois xénophobe, très à droite et très religieuse. Une ville où les Juifs orthodoxes font la loi, sauf bien sûr dans les quartiers touristiques (quoique) et musulmans. Musulmans, qui eux ,paradoxalement me paraissaient plutôt calmes. Des Juifs orthodoxes (tout de même minoritaires) souvent venus des Etats-Unis ou de Russie qui contrôlent les vêtements des femmes et sont aussi intolérants que leur corollaire musulmane ou chrétienne. Je ne veux pas généraliser, certains quartiers sont bien sûr plus ouverts que d'autres, mais globalement, la différence avec Tel Aviv est énorme.

Une belle illustration, ludique, est de taper "Tel Aviv people" et "Jerusalem people" sur Google Image.

Deux villes très différentes qui traduisent bien l'une des nombreuses fractures du pays. A la création de celui, en 1948, la majorité des habitants juifs sont laïcs, socialistes (voir même communistes) et souhaitent créer un Etat à leur image. Au fil du temps, les religieux ont débarqué et se sont multipliés (ils font largement plus d'enfants que les autres) et commencent à avoir du poids dans le paysage politique. La confrontation avec les milieux laïcs est donc inévitable. On assiste aux mêmes sources de conflit que dans certains pays musulmans voisins, au sujet de la Laïcité dans l'Etat, de l'éducation ou des libertés sexuelles. Israël a toujours eu un rapport particulier avec ses religieux, ceux-ci ne font pas de service militaire, chose passible d'une peine de prison pour tout autre israélien.

Deux anecdotes pourraient illustrer mes propos. La première, plutôt légère voir loufoque, la seconde assez terrible. Il y a quelques semaines, le nouveau maire (Laïc) élu à Jérusalem (les religieux ne sont pas encore majoritaire) décident d'ouvrir les parkings de la ville le samedi, Shabbat, afin de désengorger les rues. Cette décision provoque une petite révolution et les heures entre la Police et les religieux sont fréquents. Plus triste, hier, un centre homosexuel de Tel Aviv a été attaqué, on dénombre plusieurs morts.

Ainsi, la fracture en Israël n'est pas qu'entre Juifs et musulmans (20% de la population) mais aussi entre orthodoxes et Laïcs. D'autres fractures apparaissent, des fractures communautaires. Les Russes votent pour des partis Russes, les Séfarades (d'Afrique du Nord) ou les Ashkénazes (d'Europe de l'Est) font parfois de même. Malgré tout, les partis les plus importants restent idéologiques.
 
Si le sujet vous intéresse, je vous propose la lecture d'un petit livre, bien écrit et accessible à tous. "Israël, l'autre conflit" (André Versaille) de Marius Shattner.

 

Publié dans Judaïsme- Israël

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Pierre 04/08/2009 12:35

La citation qui dit qu'une religion est une secte qui a réussit n'est pas de Thayse. Il l'emprunte mais je ne reviens plus sur le nom de son auteur.Soit dit aussi en passant que Thayse n'a (plus) rien à voir avec le RWF, que je sache du moins.On peut évidemment discutailler sur le bien-fondé de cette affirmation. Au départ la region chrétienne , c'était 12 personnes autour d'un seul bonhomme. On peut aussi affirmer que ce n'est pas Dieu qui a créé l'homme mais bien les hommes qui ont créé leur dieu en projetant dans un univers imaginable le meilleur d'eux-mêmes (ça n'est pas de moi non plus).Mais n'épiloguons pas trop là-dessus. Sachons seulement que toute religion peut mener à l'intégrisme et que cet intégrisme est menaçant.Retenons aussi que toute culture ainsi que toute idéologie ethnique et de pouvoir peut créer des extrémistes et que ceux-ci sont dangereux. Il ne faut vraiment pas chercher très loin pour objectiver le pouvoir déstabilisant de la chose.Espérons en effet que ces déséquilibres n'entraîneront pas de violences physiques en Belgique; certes nous sommes plus pacifiques par nature que les peuples méditerranééns. Mais allez savoir: voyez en Irlande du Nord.... Enfin, pour terminer par où j'ai commencé, je déplore aussi le fait que la religion catholique soit mêlée au pouvoir de la Belgique. Pour n'importe quelle raison, on organise des te deum et le cardinal belge est aussi convié aux cérémonies officielles. Sans être pour cela plus gaulois que De Gaulle, je prône en effet la laïcité, seule possibilité d'être en égalité avec le voisin. Ou alors, on invite aussi l'imam, le rabbin, le pasteur ....  et tous les gourous qui représentent 12 personnes ou plus. 

Daive 04/08/2009 15:28



C'est la mode ces dernières années de dire que la religion peut amener à l'extremisme. En effet, dans de nombreux cas, c'est la vérité. Mais il y a aussi l'inverse. Les 12 bonhommes sont devenus
les milliards de chrétiens d'aujourd'hui, et la religion chrétiennes à souvent une meilleur influence aujourd'hui que par le passé (je parle de la vraie religion, pas du Vatican).

Pour les autres religions, je pense que c'est pareil. La religion juive par exemple à créer une culture étonnante et beaucoup de bonheur, elle a aussi créer les colons de cisjordanie. L'Islam
crée des fanatiques et des kamikazes mais cette religion a aidé au développement des sciences et des hommes. 

Pour la citation, qu'elle soit de Thalys ou non, il l'a repris dans son texte. 



Youri 02/08/2009 17:07

Je répondrai en reprenant un paragraphe de Claude Thayse dans son dernier article de son blogue:
(...) "En conséquence, la Belgique est un pays divisé entre différentes communautés linguistiques certes, mais aussi religieuses ou sectaires (pléonasme ? une religion n’est-elle pas finalement une secte qui a « réussi » ?). Toutes ces communautés sont, ou plutôt peuvent être, respectables et respectée à la condition qu’elles soient transcendées par une notion de l’intérêt général. Ce qui n’est pas (ou plus) le cas en Belgique. Ce qui reste de ce pays est devenu un Etat multicommunautaire. Les belles âmes auront beau le qualifier de multiculturel, ça ne changera rien au fait. La culture n’et-elle pas un des plus puissant lien entre les citoyens d’un même état par ce qu’elle génère comme communauté d’esprit ? La juxtaposition concomitante de cultures différentes sur un même espace territorial se termine toujours mal et au mieux en la formation de ghettos." (...)http://www.claude-thayse.net:80/article-34488319.html

Daive 03/08/2009 00:49


Ce petite texte résume bien l'idée que je me faisais du RWF. Dire qu'une religion est une secte qui a réussi, c'est comparer des sectes (au sens commun du terme) à des religions qui ont crée des
civilisations et des modes de vie. Un tel mépris de la religion ne fait même pas partie des plus gaullistes des gaulois.

Pour le reste, c'est son avis. Il base la conception d'un "Etat" sur une valeur commune qu'il appelle "la culture". Je pense que des valeurs communes sont en effet nécessaires pour créer un pays,
mais contrairement à monsieur Thalys, je ne pense pas qu'une culture "unique" soit la seule et unique possibilité. 

La Belgique est un pays multicommunautaire, comme nombre de pays dans le monde, c'est une réalité qui ne me dérange pas, au contraire, j'adore me rendre à 20 minutes de chez moi en train et me
retrouver dans le monde anglo-saxon. C'est pour moi une richesse dont je profite quotidiennement.

Pour terminer, Youri, j'espère que tu ne compares pas nos batailles de clochers à de véritables combats comme celui que je décris dans ce texte.