Israël-Palestine-Belgique-België

Publié le par Daive

Mon ordinateur étant "H.S." je n'ai pas eu l'occasion de laisser un billet la semaine dernière.

J'ai eu de très nombreuses discussions ces dernières semainesau sujet du conflit israélo-palestinien. Tant avec mes amis, des membres du CJMAD, que sur des blogs et des forums Iinternets. Comme vous l'avez probablement vu, je vous ai déjà donnez mon point de vue sur ce conflit et je n'y reviendrai pas. Je ne reviendrai pas non plus sur les réactions de la population Belge. J'aimerais, vous exprimez mon point de vue sur les racines de ce conflit, du conflit Israélo-Palestinien donc, et de ses rapports avec la situation en Belgique. Pour moi, malgré un niveau de violence et de haine bien différent, ces deux situations sont liées. 

Pour introduire le cas Israélien, je vous propose une petit retour en arrière. Pour rappel, et parce que j'ai vu beaucoup de bêtises sur ce sujet, la plupart des Juifs Européens d'avant guerre n'était pas favorable à la création de l'Etat hébreu que nous connaissons aujourd'hui. Les Juifs du Nord de l'Europe (Pologne, Russie, etc ...) influencés par le socialisme et le communisme préferaient soutenir les causes ouvrières plutôt que le mouvement sioniste. Les Juifs de l'Ouest (France, Belgique, ...) de plus en plus assimilés ne voyaient pas non plus, malgré l'existence d'un certain antisémitisme, adhérer à ces thèses. Je ne parle même pas des Juifs d'Afrique du Nord qui vivaient en parfait harmonie avec les musulmans du Maghreb. La deuxième guerre mondiale est passée par là, les Juifs survivants de l'Holocauste, et vivant hors d'Europe, ont alors, et je le comprend tout à fait, préféré le chemin du Sionisme.

Le Sionisme, considéré par certains comme un "nationalisme Juif" dans la même veine que les différents nationalismes européens de l'époque, est une réponse logique, d'abord à l'antisémitisme moderne (Pogroms, racisme, affaires Dreyfus, etc ...) et ensuite, à la montée et la victoire du Nazisme. Son représentant Théodore Herzl ne voit pas le Judaïsme comme une religion, mais comme une nation à part entière, elle mérite donc un pays. L'indépendance est acceptée par l'ONU en 1948, malgré les réticences du Royaume-Uni et des populations palestiniennes sur place. Le pays naît à peine, et connaît sa première guerre, première d'une longue série condamnant le nouvel Etat à lutter contre chacun de ses voisins. Cette opposition entre Israël et ses voisins s'est, au fil du temps, transformée en opposition entre Juifs et Arabes, puis, Juifs et musulmans. Aujourd'hui, en effet, tant du côté des pays arabes, aussi modérés soit-ils, que d'Israël, aussi démocratique soit-il, s'est installée une haine communautariste exacerbée. Juifs et musulmans ne se parlent pas, même au sein de l'Etat Hébreu, Etat respectant pourtant les mêmes règles démocratiques et libérales qu'en Europe, les musulmans sont obligés de créer leur propre parti politique pour pouvoir exister politiquement. Dans les pays arabes alentours, les Juifs sont rejetés, et un nouvel antisémitisme fait renaître de vieilles légendes comme le Protocole des Sages de Sions ou Mein Kampf.

Vous l'avez peut être compris, ce que je tiens à souligner, après ce petit aperçu historique, c'est la présence, néfaste, non plus d'opposition politique mais d'opposition religieuse et communautariste. Israël, comme ses voisins, ont choisi de mener une politique nationaliste, en opposition avec la réalité sur le terrain, les réalités historiques et le monde de la globalisations et de la mondialisation. Au lieu de créer un Etat solide, multiculturel avec Jérusalem comme capitale commune, Israël et la Palestine préfèrent, sous des pressions internes et externes, rester dans leurs "coins", créant ainsi guerres, souffrances, ignorance et xénophobie. Le scénario d'un Etat bi-national a pourtant été proposé dès 1947, et plusieurs mouvements juifs et musulmans ont soutenu l'idée. Hannah Arendt écrit en 1948 « Un État fédéré pourrait être une première étape vers une plus grande structure fédérale au Moyen-Orient et la région méditerranéenne…Le vrai but des Juifs en Palestine est la construction d’un foyer national juif. Ce but ne doit jamais être de s'attribuer une pseudo souveraineté d’État juif ». Pourtant l'idée sera abandonnée sous le poids d'arguments "bateaux", mais surtout nationalisto-communautariste, comme "ce doit être la nation juive" ou encore "les Juifs n'ont rien à faire chez les arabes" ... triste.

En Belgique, pas de guerre, pas de Qassam ou de Tsahal, mais la même ignorance, la même idiotie communautariste, la même bêtise identitaire. En effet, plutôt que de créer un pays pluraliste et digne du XXIe siècle, la Belgique s'enfonce dans un scénario digne du ... XIXe siècle. L'appartenance communautaire semble prévaloir sur l'appartenance sociétale. "Qui je suis" est plus important que "Qu'est ce que je fais, qu'est ce que je peux faire". Années après années, la Belgique, s'est transformée en BelgiqueS. La frontière artificielle empêche "Wallons" et "Flamands" de se parler, les politiciens régionalistes, premiers bénéficiaires de cette crise, empêchent tout retournement de situation et parlent d' "évidence". A la question, sur une radio publique, posée par Hans de Cauter à Charles Picqué : Est-ce que l’existence de la région bilingue et unitaire de Bxl-Capitale ne prouve pas en elle-même la possibilité d’avoir un Brabant, voire une Belgique unitaire, celui-ci répondra qu'on ne peut pas revenir en arrière, mais qu'il regrette... triste

Loin de moi donc, l'idée de comparer la situation actuelle entre la Belgique et Israël. Le niveau de violence et de haine est bien sur très différent mais ... Les racines du problèmes ne sont-elles pas les mêmes ? Préférer la communauté à la société ? Préférer la loi du sang à la loi positive ?



Publié dans belgium4ever

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belgeetfierdeletre 13/01/2009 14:57

Il regrette?Tu parles!Il s'en sert comme excuse pour ne pas revenir à l'unitarisme,car en tant que ministre président régional,il a tout intérêt au maintien de ce système qui lui permet d'accroître son pouvoir.