Mai 2008

Publié le par Daive

Je ne devais que passer quelques minutes à l'ULB pour des histoires administratives, et je me suis retrouvé avenue Buyl, par curiosité, pour voir quel bâtiment occupaient les Sans-Papiers. Le bâtiment en question est couvert de slogans en néerlandais et français, d'affiches diverses, d'autocollants, de listes de besoins urgents (eau, nourriture, frigo, p.q), j'entre. Les enfants courent dans les escaliers, les personnes âgées se reposent sur les chaises en bois installées dans le grand salon. On nous apporte du thé, ce thé qui vous tiendrait éveillé pendant 3 nuits et dont je garde encore le goût en bouche une dizaine d'heures plus tard. L'ambiance est lourde, les mines sont graves, les étudiants solidaires très rare, trop ... mais motivés, trop peut être, à la moindre mauvaise nouvelle, les larmes coulent. La nuit dernière, les manifestants (plus de 150) sont passés par la case prison du Palais de Justice de Bruxelles. Une Quinzaine d'illégaux ne sont jamais revenus.

Les Sans-Papiers ont investi l'immeuble il y a trois semaines. Les manifestations sont quotidiennes dans l'université toute proche, pourtant les manifestants sont toujours moins nombreux. Les étudiants se moquent même des quelques rares à scander des slogans en faveur de la régularisation. Encore eux, ils font vraiment chier ! entends-je dans la rue principale. La réaction des étudiants est passive, quand il y en a une. La manifestation passe par le restaurant, personne ne réagis, les gens restent à table, jouent aux cartes.

Je suis loin, très loin, d'être un fervent défenseur de mai 68. Pas que je trouve cela mauvais, mais c'est l'image qu'on en fait aujourd'hui qui me dérange. Pourtant, j'ai l'impression qu'aujourd'hui on est passé d'une extrême à l'autre. Avant, les étudiants réagissaient pour un rien, aujourd'hui ils ne réagissent plus jamais. On reste assis à boire des bières pendant que des Hommes, qui n'ont commis comme seul crime d'être là, sont enfermés. Pendant que la société tombe dans une corruption des esprits et de l'argent, à l'ULB on se plaint du mauvais temps. Je finirais par en devenir membre de Comac ou même du parti communiste. Non pas que je sois un adepte de l'extrême gauche, mais ici, se sont les seuls à crier leur dégoût de la société actuelle. 

Des documentaires de Mai 68 qui nous inondent à la télévision montraient ce qui s'était passé à l'ULB. Paul Goossens, ce Flamand que les francophones de l'ULB applaudissaient et qui répétait son dégoût de la société et des bourgeois. On en est loin. Avant les étudiants rêvaient d'un monde meilleur, d'un idéal utopique. Aujourd'hui, les jeunes ne pensent plus qu'a s'assurer un avenir propice, avoir une femme, des enfants, une voiture, partir en vacance de préférence en Turquie ou en Tunisie. Avant les jeunes rêvaient, aujourdhui ils épargnent.

Et ça me dégoute.

Publié dans belgium4ever

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