Je regardais les élections américaines il y a quelques jours, et voyait comment cette Etat Fédéral (donc, identique de ce
point de vue à la Belgique) se levait pour l'un ou l'autre candidat, qu'importe sa couleur ou la langue (anglais ou espagnol). Et je remarquais une fois de plus l'énorme différence qui
existait entre ce véritable fédéralisme américain et notre confédération déguisée.
Il y a de nombreuses choses qui pourraient séparer les américains. L'histoire pourrait séparer le Nord et le Sud qui se sont fait la guerre, pourtant il n'en est rien. L'économie pourrait aussi
séparer les états riches qui bordent les côtes et les états moins riches du centre du pays. Les régions fortement hispanophones pourraient revendiquer plus d'autonomie au même titre que
les natifs, les minorités francophones de Louisiane ou les Îles d'Hawaii et l'Alaska très éloignées géographiquement. Les stéréotypes pourraient facilement déconstruire ce pays où les
nord-américains se moquent franchement des sud-américains souvent comparés à des fermiers incultes, il n'en est rien. La fédération la plus multiforme au monde ne connaît pas la moitié du dixième
des problèmes que nous avons, nous, petite Belgique que d'ailleurs peu d'américains savent replacer sur une carte.
Les USA ont une chance incroyable dont ils ne se rendent pas compte : leur Etat fédéral est un ... Etat fédéral, tout simplement. Ils ont des projets communs, des partis nationaux qui veulent
changer le pays tout entier et non un Etat ou l'autre (bien que certains sénateurs en font un petit peu plus pour l'Etat d'ou ils viennent, mais ce n'est que justice). Les partis nationaux
américains défendent la totalité du pays. Noirs, blancs, hispanophones (les sites web des concurrents sont parfois en espagnols, celui de la maison blanche est parfaitement bilingue), riches
et pauvres.
En Belgique, les flamingants refusent la collaboration de ceux qui ont tué leurs grands-parents néerlandophones dans les tranchées (alors que telle était le cas dans TOUTE l'Europe du
NATIONALISME du XIXe et XXe siècle où la culture dominante envoyait "au feu" les cultures secondaires) et qui aujourd'hui sont soi-disant si miséreux. Les Wallaguons refusent d'apprendre le
néerlandais, une langue "moche", alors que la culture néerlandaise est tout aussi importante que celle de notre langue. L'économie de notre Wallaguonie serait beaucoup plus performante als
we nederlands spraken. Egoïsmes, bêtises, peur irraisonnée de voir s'affaiblir la culture francophone à Bruxelles et dans sa périphérie, revanchardisme idiot d'avant-guerre et replis
communautaires suffisent à déconstruire notre si paisible petit pays. Alors que l'Amérique qui connaît mille et une raisons pouvant mener à une scission ne pense même pas une seule seconde à
un tel scénario.
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