Les Chroniques de Tanguy : Out of the box…

Publié le par Tanguy

“Dream on, sucker. :)))
It's really incredible to read your arrogance and utter stupidity, while 46% of the Flemings wish for a seperation of Belgium.”
 

  

« Mais lorsque vous vous serez remis de vos désillusions, alors vous découvrirez un futur fait d'espoirs, de grandeurs, d'opportunités pour qui veut les saisir.
Pour cela il vous faut accepter la mort de la Belgique et accepter vos racines Françaises. »

 

« Ces chroniques ne sont pas très respectueuses, voire limite vulgaire, je n'aime pas beaucoup... S'opposer aux personnes qui ont une vision de l'état, de son fonctionnement et de ses devoirs, c'est tout à fait respectable, c'est la politique. Mais les insulter platement... n'amène à rien! »

 

« Si c'est ainsi que vous voyez les flamingants, attendez vous à de très cruelles désillusions.
Mais, après tout, tant que l'orchestre jouait à bord du Titanic, il n'y avait pas lieu de s'en faire. ....
Ce pays à déjà percuté l'iceberg.  Il est DEJA trop tard,
le naufrage est DEJA
inéluctable, et vous dansez, dansez dansez........
Vous n'avez déjà plus que le choix de la France et vous ne le savez pas encore
. » 

 

Mon petit break récent en tant que chroniqueur de ce fantastique blog m’a donné l’occasion de parcourir tranquillement les archives et  de constater avec joie à quel point mes écrits sont conspués par des gens qui, au vue de leurs argumentations très élaborées et approfondies, doivent certainement être des politicologues, des sociologues ou encore des historiens émérites, tous spécialistes de la cause belge, bien sûr. Quoi de plus motivant dès lors que de reprendre la plume pour essayer tant bien que mal de faire passer mes idées de chroniqueur ignare aux yeux de cette brochette d’érudites à nul autre pareil ? Car reconnaissez-le, si mes avis, même prononcés, faisaient à chaque fois l’unanimité, mes écrits n’auraient plus aucune raison d’être.

Toutefois, je l’avoue, la fin de ma léthargie chronique va aussi de pair avec la fin d’un autre type d’immobilisme, politique cette fois, de notre probable futur gouvernement :

les premiers accords en matière d’immigration ont été acquis et les accords en matière d’Affaires étrangères, Défense et Justice se trouvent (certains plus que d’autres) en voie de finalisation. Ma neutralité politique ne me permet pas de m’exprimer quant au contenu de ces accords gouvernementaux, mais ce dont on peut bien sûr se réjouir, c’est que les choses avancent enfin. Leterme a changé de tactique par rapport à son premier mandat de formateur : non seulement plus affable envers la presse francophone et plus discret quant aux négociations des dossiers épineux, il semble aussi avoir compris qu’il ne vaut mieux pas venir à l’assaut avec les revendications flamandes sans concessions, dans l’espoir d’entamer ainsi des négociations fructueuses. Les (quelques) résultats probants obtenus cette semaine démontrent en tout cas les bienfaits de sa nouvelle méthode.

La nécessité de trouver rapidement une solution pour les questions communautaires restent néanmoins d’actualité ; il suffit d’avoir (plus au moins) suivi le vaudeville cette semaine en Commission intérieure de la Chambre concernant BHV pour s’en convaincre. L’abcès devra donc bientôt être crevé et si cette opération, qui requiert précision chirurgicale et diplomatie sans faille, est couronnée de succès, la palme du parfait petit Belge reviendra, s’il n’en dépend que de moi, à Herman Van Rompuy. Mieux que quiconque (et en tout cas bien mieux que les négociateurs flamands ET francophones), il a compris qu’une fois de plus, la recette miracle dans le monde politique belgo-belge est celle du compromis. Alors que Flamands et francophones se bornaient à vouloir s’imposer l’un l’autre leurs (non-)revendications institutionnelles, Herman Van Rompuy est parvenu à se dresser au-dessus de ce dialogue de sourds communautaires et à chercher des solutions ailleurs, out of the box… En résulte des solutions tout à fait louables comme l’idée d’une circonscription électorale fédérale ou encore la formation du Conseil des Sages, qui devra préparer une réforme d’Etat pour 2009. Et c’est bien de cet état d’esprit-là que les négociateurs devront s’inspirer à partir de la semaine prochaine. Il ne sert à rien de vouloir continuer à s’accrocher à toutes ses promesses électorales car chaque politicien devrait savoir qu’il n’y à aucune honte (et certainement pas en Belgique) à délaisser quelque peu ses revendications initiales pour trouver finalement un accord commun qui contente tout le monde…

 

Maintenant qu’il plane une atmosphère de (relative) sérénité, il est d’autant plus regrettable que certains continuent à vouloir mettre de l’huile sur le feu. Il n’y a pas que la vaine tentative flamande de faire le forcing en Commission intérieure de la Chambre, mais également du côté francophone, on s’applique parfois avec beaucoup d’assiduité à envenimer le débat. On critique souvent le Président de la NV-A, Bart De Wever, pour ses actes de provocation envers les francophones, mais for est de constater qu’en ces instants cruciaux, c’est surtout son meilleur ennemi Olivier Maingain qui fait preuve de peu de subtilité. Bien qu’il défende cette noble cause qu’est la défense les droits des francophones dans le ‘Rand’ autour de Bruxelles, Maingain n’est certainement pas le plus intelligent, ni le plus fin négociateur. Souvent emporté par ses discours haut en couleurs, il n’hésite pas à taper dans le gros et à mettre tous les Flamands dans le même sac, maintenant en vie tous les clichés possible les concernant. De Wever est plus malin que ça, il préfère rester à l’arrière de la scène, et ce n’est pas lui qu’on surprendra à prononcer des discours provocateurs malvenus. A ce sujet, petite parenthèse que j’aimerais quand même souligner : Bart De Wever est probablement le plus doué des politiciens réunis autour de la table des négociations. Ses revendications ultimes quant à une Flandre indépendante font que je ne serai jamais en concordance avec ses idées, mais contrairement à tous les autres nationalistes flamands, il a au moins le mérite de faire d’abord prévaloir les qualités essentielles de tout politicien, avant quelconque nationalisme exacerbé. De Wever est un filou pragmatique et un gentleman qui gardera toujours son calme pour légitimer avec objectivité ses convictions politiques. Son souhait d’une Flandre indépendante n’est nullement le fruit de quelconque idéologie, c’est uniquement la conclusion de son bon sens. Lui aussi a le sens du compromis en lui et c’est cela qui le rend encore plus dangereux : la preuve en sera probablement donné s’il devient ministre fédéral. Dommage qu’un politicien aussi brillant serve à une cause aussi détestable car De Wever est trop intelligent que pour être flamingant… Enfin, ceci soit dit en passant…

 

Curieux de voir l’évolution des négociations cette semaine, on ne peut que souhaiter de vive voix à nos politiciens de faire prévaloir l’instinct belge du compromis pour enfin sortir du bourbier communautaire. Mon conseil à leur égard : « Think out of the box, and it’s in the pocket… »


Le Blog de tanguy

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